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Jury
du Régional FFCV - St Marc-sur-mer - mars 2002
Jury du National FFCV - Bourges - mai 2002
Deux festivals, deux jurys de 5 personnes chacun, un même
film L'Enfant Rat mais deux analyses
divergentes.
L'unanimité ne se fait que sur deux points :
- l'originalité de la présentation
- la qualité technique de la partie reportage.
Sur
le résultat global, c'est à dire, sur la perception
que ces jurés ont eu du film, les avis sont diamétralement
opposés.
Pour
le jury du Régional, on peut lire sur les fiches les extraits
suivants :
"
Belle idée d'annoncer le film par une lecture. Réalisation
superbe. De l'émotion ".
" L'introduction sous forme de conte est imprégnant
et ne nous lâche plus. Un film magique "
"
un commentaire sobre mais efficace
A consommer
avec plaisir "
" Coup de cur
. Emouvant
"
" Le point de vue de l'enfant lui confère une dimension
attractive "
Pour
le jury du National, les extraits deviennent :
"
L'utilisation d'un enfant dans la chambre au début et à
la fin, rompt malencontreusement avec la tenue générale
du film "
"
Une belle histoire pour faire passer des images n'est
pas suffisante "
" La relation texte/images ne fonctionne pas bien "
"
suite hésitante sur les rats "
" Le commentaire étouffe les images, la voix off est
trop présente "
Si
les jurés du National ont été intéressés
par la partie reportage proprement dite, par contre, ils ont été
unanimement gênés par la présentation sous
forme de conte.
A
l'inverse, les jurés du Régional, avec la même
unanimité, avaient été séduits par
le monde de l'imaginaire, au point de décerner au film
le prix du Coup de Cur du Jury.
Opposition intéressante qui interroge.
J'y
vois quelques éléments de réponse :
- d'abord, au National, le niveau général est plus
élevé puisque ce sont les " meilleurs "
films des régions qui y participent.
- ensuite, il y a une sorte d'alchimie qui se crée ou ne
se crée pas lors d'une projection. Cela dépend de
la sensibilité des jurés - malgré leur recherche
d'objectivité - des films qui ont précédé
ou suivi, de la salle qui ne réagit pas de la même
façon à une heure ou une autre de la journée,
des conditions de projection.
Bref,
beaucoup d'éléments impondérables entrent
en ligne de compte.
C'est ce qui fait l'intérêt de nos festivals, où
rien n'est acquis d'avance.
Le côté technique est mesurable, par contre, l'intérêt
du sujet, son traitement, son originalité et l'émotion
qu'il procure gardent une grande part de subjectivité.
Les
jurés ne sont ni bons dans un cas, ni mauvais dans l'autre,
ils sont différents. Les uns ont ressenti quelque chose,
les autres non, preuve que le film a des limites.
Le
seul point surprenant est l'unanimité qui s'est faite dans
un sens et dans l'autre. Je ne pense pas qu'il faille l'imputer
à une voix prépondérante qui aurait dicté
son opinion. Les jurés savent garder leur propre jugement.
Par
contre, au niveau de la rédaction des fiches, qui ne sont
que le raccourci des points de vue, une idée forte émise
par un juré produit un effet de zoom si elle est reprise
par les autres. Problème de formulation lors de la prise
de notes qui doit être rapide.
Cet exemple illustre bien qu'il ne faut tirer ni gloire ni dépit
du succès ou de l'échec lorsque l'on participe à
un festival.
Pour
le cinéaste amateur, la compétition est l'occasion
de toucher un public plus large, un aiguillon pour chercher à
se dépasser. Le plus important reste, et doit rester, le
plaisir que l'on a pris à mener à bien un projet,
seul ou en équipe, à surmonter les difficultés
et à réussir à créer quelque chose
qui corresponde à ce qu'on avait imaginé, ... avec
ou sans médaille en prime.
Sylvie
Olivès
août 2002
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