Il
faut rappeler ici l'objectif de l'introduction de la dimension " COMMUNICATION
" dans le processus de création filmique au sein d'un atelier, d'un
club :
Rédaction
- conception - voire improvisation d'un scénario d'un récit filmé.
Pour
cela il faut posséder des CAPACITES à :
- COMMUNIQUER
efficacement au sein d'une relation face à face ou dans un groupe.
-
PERCEVOIR
pourquoi une communication n'a pas été efficace (la leur
ou celle des autres et donc à avoir à l'analyser).
LECTURE
DE L'IMAGE :
En
présence d'une image il faut admettre que cette image a été
voulue par son auteur ou son émetteur, dans un but précis de transmettre
une intention (message iconique). Cette intention, nous l'avons évoqué,
est basée sur une méthode de communication (choix de la cible :
le récepteur - moyens employés
). C'est un travail basé
sur un processus sémiologique créatif qui s'appuie lui-même
sur le comportement sémiologique du récepteur. En effet chaque individu
(récepteur), devant une image, en fait un découpage qui tente de
prélever dans le fonctionnement de la pensée un certain nombre de
niveaux qui produisent des significations, voire des communications.
LA
LECTURE D'UNE IMAGE DEMANDE DONC UN CERTAIN SAVOIR :
Entrons
dans le domaine de la linguistique : la langue est un système de signes
exprimant des idées, comparables à l'écriture, à l'alphabet
des sourds muets, etc
C'est un système de communication parmi
d'autres. On peut concevoir une science qui étudie la vie des signes au
sein de la vie sociale et quelles lois les régissent, c'est la sémiologie.
L'image
est, avant toute chose, une représentation visuelle linguistique, la représentation
d'un mot (ou d'un son si on parle).
Le
Mot donc l'image est porteuse d'un Sens, l'Image est donc Signe.
Nous sommes
en présence d'une image = trace graphique d'une pomme.
(figure
1)
La représentation
ici, ne peut être vue que sous cette forme = trace d'encre noire sur une
feuille blanche ou deux traits courbes noirs sur une feuille blanche.
C'est
ce que l'on appelle le signifiant.
Mais cette trace peut déclencher
une évocation : le signifié = une pomme.
(figure
2)
La
signification (d'après SAUSSURE) est le rapport qui existe et ne peut
qu'exister entre lui et la chose qu'il évoque : il a une fonction désignative.
Ici
l'image est plus précise. Le signe ici a une fonction référentielle
= cette pomme là.
Et une fonction dénotative = la pomme.
La
fonction référentielle introduit la notion de temps et d'espace.
La
fonction dénotative, en l'absence de données, nous renvoie
(le referant) à une désignation générale :
le Concept de l'objet et non l'objet lui-même.
Le
Niveau Connotatif : il introduit d'autres types de signifiés que nous
qualifierons de symboliques.
Dans les exemples précédents nous
avons décrit la pomme comme :
- Cette pomme-là (tracé
sur le papier = référentielle)
- La pomme concept de l'objet
(fruit = dénotatif)
Maintenant
un complément d'information - couleurs, valeurs claires ou foncées,
taille, etc ... - peut intervenir (cas d'une photo).
Aux deux fonctions précédentes
dénotatives va s'ajouter une fonction connotative : notre savoir
va introduire une signification supplémentaire.
Notre nouvelle pomme
sera " lue " au niveau connotatif, en référence à
des codes culturels, religieux, moraux, etc ... La pomme = le péché
- Adam et Eve
(
figure 3)
ANALYSE
DE L'IMAGE :
Une
image = signe iconique - peut être analysée en trois niveaux :
-
Référentiel - Dénotatif - Connotatif.
Analyse référentielle
: La lecture est faite au niveau de la structure graphique (physique) de l'image
; l'il perçoit des lignes, des formes , des couleurs. L'approche
formelle (ou plastique) sera guidée par sa construction, celle-ci étant
organisée suivant des règles scientifiques : points forts, lignes
de forces, sens du regard (codes perceptifs).
A ce niveau, aucun sens n'est
apparent, sauf si la composition ou le rythme implique un code culturel (connotation).
Le
sens de la lecture (code de lisibilité) implique un choix : vision d'un
point d'où le regard partira pour explorer l'image entière et aboutir
en fin de parcours sur le message écrit (nom d'un produit par exemple).
Analyse
dénotative : Les codes de reconnaissance impliquent la lecture référentielle
ci-dessus. A ce niveau de dénotation, notre savoir (code de connaissances,
culturels, sociaux, historiques etc..) nous amène à situer l'image
dans un contexte géographique, historique. Il y a obligatoirement interférences
entre signifiants et
signifiés
Analyse
connotative : Monosémie = image en un seul sens.
Polysémie =
image à plusieurs sens.
L'image
- traduction iconique de la pensée - est analysée à ce niveau
en fonction des codes culturels du lecteur, le " discours " intervient
tant au plan psychologique (symboles) qu'au plan psychanalytique (analyse des
symboles).
Exemple : " N'oubliez pas BOURSIN " le nud - image
symbolique - est lu
grâce à un code
La non connaissance
de ce code empêche toute lecture du message.
En publicité, l'image
est souvent associée à un texte : message verbo iconique
(texte lu) ou scripto iconique (texte écrit).
Les rapports entre texte
et image déclenchent généralement les modes d'analyses.
ANALYSE
DU MESSAGE EN SEQUENCE :
Deux
images voisines (sur un même support) ou simultanées (sur un écran
:
montage diapos, cinéma, vidéo) donnent naissance à un
message : rapport de cause à effet - né dans l'imagination du spectateur.
La connotation intervient à plusieurs niveaux et est variable suivant l'ordre
de lecture des images.
Une image parle d'elle même
Elle renseigne
les éléments d'information qui sont donnés s'effacent au
détriment de ceux contenus dans l'image suivante
le spectateur doit
donc faire un effort mental pour lier ces informations et éventuellement
en conclure un " message ".
La
lecture d'une suite d'images fait donc intervenir d'une part :
- Une lecture
formelle : sens - contenu physique - iconographique.
- Une lecture codée.
L'on
constate alors l'existence dune grammaire, base de tout langage.
Pour
un émetteur (créateur de l'image ou de la suite d'images),
communiquer devient un acte réfléchi, parfaitement
structuré sur des bases, avec des règles (grammaire, esthétique,
etc
) qui régissent la création, la construction d'un récit.
.
Suite au prochain atelier
Pour
Michel BODY
Lucien BLANCHET