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Des
Pakistanaises pas comme les autres, réalisé
par Michèle et Jean-Luc Jarousseau a remporté la
Médaille dOr dans la catégorie Réalités
au National de 2002 et ce film rencontre actuellement un vif succès
dans les concours auxquels il participe.
Il a été tourné, il y a quelques années
déjà, avec une caméra qui avait jalonné
la K7 de drops qui rendaient la bande inexploitable avec
le banc U-Matic de lépoque. Ces défauts ont
pu être contournés grâce au montage informatisé.
Ce
retard involontaire a permis au film de sortir au moment où
les évènements propulsaient le Pakistan à
la une de lactualité, nous permettant de découvrir
une région pacifique dans un pays soumis à de fortes
tensions.
Les
vallées Kalash de lHindu Kush se situent à
une heure de marche de lAfghanistan. Michèle et Jean-Luc
y ont passé quelques jours en logeant chez lhabitant.
Ainsi, ils ont pu nouer avec eux des relations amicales et filmer
la vie quotidienne de leurs hôtes et de tous les gens du
village : un témoignage particulièrement intéressant
puisquil nest pas quun simple regard de touristes
de passage.
Le
film commence sur fond de manifestation à Peshâwar
: défilé dhommes menaçants, sans lombre
dune présence féminine. Le ton vindicatif
est soutenu par un commentaire lu dune voix froide et rapide.
Quelques plans dune mauvaise route de montagne nous conduisent
aux vallées reculées où vit le peuple kalash.
La transition est saisissante : nous arrivons dans une région
verdoyante, paisible où les femmes portent
de magnifiques vêtements riches en couleurs.
Suivent
ensuite les images dune vie quotidienne toute simple : de
femmes qui font la cuisine, dhommes qui construisent une
maison ou vont aux champs, denfants qui jouent, de jeunes
qui chantent. Une vie hors du temps, à des années
lumière des évènements qui se déroulent
à la ville, un havre de paix
mais le commentaire
nous informe des menaces qui pèsent sur cette harmonie.
Les Kalash sont païens, les femmes jouent un rôle important
dans lorganisation de la société, avec des
droits inconnus des autres pakistanaises. Ces prérogatives
ajoutées à la richesse relative des vallées
attisent la convoitise des islamistes. Avec la piste et les moyens
de transport, léloignement nest plus un rempart
protecteur pour les Kalash, et leur avenir est aujourdhui
incertain.
La
vie de ces paysans est ponctuée de fêtes traditionnelles
très colorées. Jean-Luc nous montre celle qui consiste
au partage des fromages, principale ressource alimentaire de ces
villages, partage équitable auquel seuls les hommes participent.
Puis cest larrivée des femmes richement parées
pour la danse nocturne : la caméra évolue au milieu
delles, saisissant le détail dune coiffe, le
pli dune jupe, les broderies dun corsage. Un montage
rapide restitue cette débauche de couleurs comme un kaléidoscope.
Les
cadrages sont soignés, limage est très belle,
trop belle peut-être, elle capte toute lattention
et de ce fait, le commentaire très riche nest pas
assimilé comme il devrait lêtre. Ce commentaire
est bien dit, la voix juste et agréable.
Il
est un point intéressant à souligner : Jean-Luc
et Michèle ont soumis une première version de ce
film à lautomne dernier pour recueillir les avis
et critiques des membres du club. Ils ont surtout su tenir compte
des remarques qui leur avaient été faites : quelques
détails perfectibles pour le montage et surtout, un commentaire
trop dense, presque étouffant.
Michèle
a su sabrer son texte, lalléger au maximum pour ne
garder que lessentiel afin de ménager des instants
de respiration : un exercice difficile à faire quand il
y a tant dinformations à donner sur un montage de
12 minutes. La richesse des informations et de limage fait
que lon na pas une assimilation totale en le visionnant
une seule fois : le revoir une 2ème ou 3ème fois
permet de découvrir des choses qui avaient
échappé, sans ressentir une impression de déjà
vu.
Des
Pakistanaises pas comme les autres, est un film qui mérite
le succès quil remporte et qui restera comme une
référence dans la production du Cinéma Vidéo
Nantais.
Pierre
Séguier
octobre 2002

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